Leo Sheftel

Hôtelier à Calgary (Alberta) (posthume)

leosheftel80x120.jpgIl était un petit vendeur de journaux du coin qui a grandi pour fréquenter le cercle des célébrités, et il a aidé à construire et à gérer deux des hôtels les plus connus de Calgary. Son succès, pendant plus de ses 70 ans en affaires à Calgary, Leo Sheftel le devait à la simple stratégie qui consistait à chercher à connaître ses clients et à leur fournir le service qu’ils attendaient.

Tout a commencé alors que jeune immigrant de 13 ans, récemment arrivé de Ratna, en Pologne, avec sa famille juive, M. Sheftel se tenait au coin d’une rue du centre-ville pour vendre des journaux qu’il ne pouvait pas lire, car il ne parlait que le polonais, le russe et le yiddish. Il finit par remarquer que l’un de ses clients pliait son journal d’une manière particulière après l’avoir acheté. Des années plus tard, lors d’une entrevue avec le Calgary Herald, il se rappellera avoir pensé : « Pourquoi ne le ferais-je pas pour lui avant son arrivée?  Et c’est ce que j’ai fait. Ainsi, au lieu de me donner cinq cents (pour un journal qui coûtait trois cents à M. Sheftel) il m’a donné 10 cents. À l’approche du prochain client, je fis la même chose et il m’a aussi donné 10 cents. J’étais vraiment enthousiasmé à propos de ce pourboire. Ce soir-là, je suis rentré à la maison et j’ai déclaré à ma mère que je voulais être un homme d’affaires dans la vie. Et c’est depuis ce jour-là que j’ai commencé à comprendre que si on offre du service au public, on est rémunéré. »

Lorsque M. Sheftel découvrit que ses clients aimaient lire des magazines aussi bien que des journaux, il entreprit rapidement de les satisfaire. Il demanda à sa mère de lui confectionner un gros tablier pour transporter les périodiques qu’il entendait vendre en même temps que les journaux. Il gagna aussi de l’argent de poche additionnel en transportant les valises des passagers du CPR, de la gare à l’hôtel Palliser, et il travaillait à l’étal de fruits et légumes que tenaient ses parents dans un marché situé à l’endroit appelé aujourd’hui Olympic Plaza.

En 1930, à l’âge de 17 ans, M. Sheftel alla avec ses frères aînés Harry et Ben installer leur commerce de fruits et légumes dans trois différentes épiceries du coin. Il gérait l’Empress Grocery sur la Neuvième Avenue au coin de la Douzième Rue et offrait un service de livraison à bicyclette aux clients pauvres qui pouvaient difficilement s’offrir les nécessités de la vie durant la Dépression.

A la fin des années 1950, les frères Sheftel abandonnèrent le commerce des épiceries pour entrer dans l’hôtellerie. Calgary avait besoin de motels offrant tous les services que demandaient les voyageurs, y compris le stationnement. Les frères Sheftel prospectèrent les lieux à la recherche d’un emplacement convenable et le trouvèrent sur l’autoroute transcanadienne, au beau milieu d’un vaste projet de construction qui comprenait le Jubilee Auditorium et le North Hill Shopping Centre.

En partenariat avec Norman Libin et Leo Paperny, de  Calgary, et Ted Crystal, d’Edmonton, les Sheftel ouvrirent le Highlander Motor Hotel en janvier 1961, le premier grand hôtel construit à l’extérieur du cœur du centre-ville et le premier à être équipé d’une piscine en plein air. Il était le seul, à part le Palliser, à offrir des services complets de restauration pour congrès et banquets.

Les partenaires choisirent le nom Highlander pour reconnaître l’origine écossaise du nom Calgary et, sous la direction de Leo Sheftel, les tartans et la musique pour cornemuse étaient le thème écossais prédominant dans tout cet hôtel, qui a été démoli récemment pour faire place à un magasin Home Depot et à des habitations en copropriété.

M. Sheftel a géré le Highlander jusqu’en 1968, a été l’hôte de célébrités telles que Roy Rogers, Dale Evans et Leonard Berstein, puis est allé avec ses partenaires à l’extrémité sud de la ville pour construire le Carriage House Inn sur le Macleod Trail.

M. Sheftel a été président-directeur général de Carriage House de 1968 à 1999 et, durant ce temps, il a été la face publique de l’hôtel.

Souvent accompagné de sa femme Goldie, une ancienne préposée de magasin qu’il a épousée en 1936, M. Sheftel a insisté pour se rendre visible chaque jour, circulant à l’intérieur de la cafétéria, serrant la main aux clients et leur demandant s’ils étaient satisfaits de la cuisine.

Au fil des ans, M. Sheftel devait atteindre une sorte de statut légendaire dans l’industrie locale de l’hôtellerie. Les clients du brunch du dimanche qu’il recevait chaque semaine étaient souvent surpris d’apprendre que l’homme voûté aux cheveux argentés qui remplissait leur crémier était en réalité le propriétaire de l’hôtel.  

Cependant si des gens voulaient faire de lui une figure légendaire, M. Sheftel n’allait pas se laisser gagner par le vertige.

« Je ne suis qu’un homme moyen ordinaire, dit-il à un journaliste du Herald. Je ne veux pas du tapage publicitaire des grands pontes de la presse. Je veux mener une vie normale comme nous l’avons toujours fait ma femme et moi. C’est le style de Goldie. Et c’est aussi le mien. »

M. Sheftel s’est retiré des affaires en 1999 à l’âge de 86 ans, et il avait passé ses dernières années à faire du bénévolat dans des organisations telles que Beth Tzedec Congregation et Chevra Kadisha et à profiter de la compagnie de sa grande famille, qui comprend deux filles, cinq petits-enfants et 10 arrières petits-enfants. Il s’est éteint le 6 décembre à l’âge de 91 ans. Il avait survécu à Goldie qui l’avait quitté en 2002. Un service funèbre pour M. Sheftel a eu lieu le 8 décembre.


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